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Utiliser la cohérence cardiaque comme outil thérapeutique : interview de Caroline Gormand, sophrologue

Caroline Gormand bonjour, merci d’accorder cette interview à Omyzen. Vous êtes sophrologue, maître praticienne en hypnose, formée en PNL et en psychopathologie intégrative. Pouvez-vous nous raconter un peu votre parcours ?

Bonjour, je me suis formée en premier lieu à la sophrologie, à l’époque où je cherchais à me reconvertir dans la relation d’aide. Donc j’ai commencé par la sophro dont l’approche psychocorporelle me plaisait. Et puis, une fois installée comme sophrologue, j’ai eu besoin de comprendre la psyché de mes patients pour traiter des problématiques plus complexes et pouvoir y répondre de façon plus efficace. Donc j’ai intégré un organisme de formation montpelliérain, qui proposait les trois autres approches que vous avez cité.

C’était quel organisme de formation ?

IL s’agit de Génération Formation, à Montpellier.

Vous êtes installée depuis combien de temps ?

Je suis installée en tant que sophrologue depuis janvier 2015 et petit à petit j’ai ajouté ces différentes compétences.

Et qu’est-ce qui vous a donné envie de faire ce métier ?

Je voulais gagner ma vie en faisant quelque chose d’utile pour mon prochain, toujours en gardant la souplesse de ce que permet une activité en libéral, en utilisant des outils qui pouvaient être suffisamment variés et complémentaires.

Comment s’est passée votre reconversion ? Avant vous étiez dans le domaine de l’informatique c’est ça ?

Ça s’est passée avec une période de transition de deux années pendant lesquelles j’ai continué à temps partiel mon ancienne activité, tout en lançant mon cabinet et en continuant à me former.

Et actuellement, vous travaillez dans quel cadre ?

Au départ j’ai conjugué l’activité en cabinet et en milieu scolaire : j’intervenais auprès d’élèves de BTS à Montpellier, pour la gestion du stress et la préparation aux examens. Et maintenant j’exerce uniquement en cabinet libéral, sur consultation.

Quel est le public qui vient vous voir ?

Absolument tout public, sans restriction, enfants, adultes de 7 à 90 ans.

Et vous avez une thématique privilégiée pour la thérapie ?

Pas de thématique privilégiée : gestion du stress, phobies, dépression, deuil, les difficultés relationnelles, addictions numérique, sevrage tabagique, troubles anxieux, insomnie, etc.

Vous avez cette originalité, en tant que sophrologue, d’avoir intégré l’outil de la cohérence cardiaque, à vos séances. Qu’est-ce que la cohérence cardiaque ?

La cohérence cardiaque est une technique de « biofeedback », terme un peu compliqué qui désigne un processus très simple : un instrument qui permet de mesurer une fonction physiologique et de donner des informations sur l’état de cette fonction, dans le but de la modifier ou de l’améliorer.

Le thermomètre, par exemple, est aussi un outil de biofeedback qui renseigne sur la température du corps.

La cohérence cardiaque, elle, est basée sur un phénomène physiologique qui est la synchronisation de la fonction respiratoire et de la fonction cardiaque. Elle associe la mesure de la fréquence cardiaque et une technique de respiration très spécifique : on détecte la fréquence cardiaque du consultant à l’aide d’un capteur de pouls, puis on l’invite à la modifier (l’apaiser ou la soutenir) grâce à un type de respiration particulière. C’est-à-dire que si vous modifiez votre rythme respiratoire, vous allez modifier aussi votre rythme cardiaque, tout simplement !

La cohérence cardiaque vient des Etats-Unis (Institut Heartmath). Elle a été introduite en France par le regretté docteur David Servan-Schreiberet son confrère David O’Hare, médecin généraliste franco-canadien qui a consulté de nombreuses années sur Nîmes et qui aujourd’hui se consacre exclusivement à la formation de praticiens en cohérence cardiaque.

Et c’est avec lui que vous vous êtes formée ?

Oui, je me suis formée à Nîmes auprès de David O’Hare, il y a quelques années.

Et qu’est-ce qui vous a donné envie de l’intégrer à votre pratique professionnelle ?

Dans le cadre de ma formation en sophrologie, j’ai assisté à une demi-journée d’information et de démonstration de cohérence cardiaque.

C’est très complémentaire de la sophrologie parce que ça permet de neutraliser les manifestations physiologiques du stress. Et par ailleurs c’est une technique qui est très facile à mettre en place tout de suite pour le consultant, et l’effet est visible instantanément sur le logiciel.

Et comment vous mêlez la sophrologie et la cohérence cardiaque dans vos séances ?

Je ne l’utilise pas uniquement pour la sophrologie. Très souvent je m’en sers comme premier outil dans la gestion du stress et l’apprentissage du lâcher prise, pour les raisons que j’ai indiquées plus haut.

Pour le consultant, le fait de pouvoir visualiser sur écran, qu’en quelques respirations il peut calmer son rythme cardiaque et reprendre la main sur un phénomène de stress que d’habitude il ne maitrise pas, c’est déjà très encourageant et très positif.

Vous utilisez quel matériel ?

Au cours de la formation il est fortement conseillé d’acquérir un matériel professionnel qui permet de faire cette démonstration : cela consiste en un petit capteur de pouls qu’on place en général sur l’oreille, et qui est relié à un logiciel qui traduit les données récoltées sous forme de graphique représentant la variabilité cardiaque du sujet. Le sujet peut suivre en direct l’évolution de son rythme cardiaque, et surtout l’influence de ses émotions sur son activité cardiaque, et celle de la respiration sur cette même activité.

Donc la personne peut vraiment se rendre compte en temps réel des modifications. Et vous l’utilisez pour tout le monde ou seulement pour des patients spécifiques ?

Pour tout le monde, il n’y a aucune contre-indication. Après je ne le fait pas systématiquement, il faut que ce soit justifié. Par exemple en cas de troubles liés au stress, dans les troubles anxieux ou les troubles panique. C’est efficace aussi dans les troubles du sommeil, puisque ce type de respiration va calmer le système nerveux orthosympathique et stimuler le système nerveux parasympathique, impliqués tous deux dans les troubles du sommeil.

Un médecin peut l’utiliser par exemple pour stabiliser les arythmies cardiaques (tachycardie, bradycardie) et avec les personnes faisant de l’hypertension artérielle.

Ça ré-équilibre les fonctions physiologies du corps ?

Ca ré-équilibre le système nerveux autonome, en ce sens que cela permet de calmer l’emballement physiologique lors de la réaction d’adaptation de stress, et d’éviter qu’elle n’évolue en stress chronique.

Et est-ce que vous partagez cette pratique en dehors du cabinet ?

J’ai fait quelques conférences, avec démonstration sur écran.

Donc en fait c’est une technique que d’autres thérapeutes peuvent utiliser pour enrichir leur activité ?

Tout à fait, pour les raisons que j’ai évoquées plus haut.

Avec quelles autres thérapies ça pourrait s’associer ?

Toutes les fois qu’il est question de combattre le stress et ses manifestations physiologiques, l’anxiété ou l’insomnie, que ce soit dans le cadre de consultations médicales ou para-médicales, ou bien en psychothérapie, ou encore dans le domaine du développement personnel et du coaching de vie.

C’est au patient de pratiquer chez lui, trois fois par jour… et s’il ne le fait pas ?

Le consultant reste libre de pratiquer ou pas ! Mais c’est la même chose avec un patient qui ne prend pas ses médicaments….

Il est fortement conseillé d’avoir une pratique régulière pour que le corps fasse l’apprentissage et assimiler ce rythme bien particulier de respiration. Avec l’entrainement, cela devient un outil-réflexe.

En général pour 5 minutes minimum de pratique, on va avoir un effet notoire pendant une à trois heures, en fonction de l’état de stress. Donc, pour une pratique idéale, c’est à faire 3 fois par jours, 5 minutes le matin, 5 minutes avant midi et 5 minutes le soir (En dessous de 5 minutes, il n’y a pas d’effet notoire).

Mais il n’y a pas de limite : on peut pratiquer aussi souvent qu’on le souhaite pour préparer un événement anxiogène ou difficile (comme un entretien d’embauche ou un examen).

Et donc pour vous c’est vraiment un outil très efficace dans votre approche thérapeutique ?

Oui complétement !

Très bien, si il y a des thérapeutes qui souhaiteraient en savoir plus, se former, est-ce que vous avez des écoles à conseiller ?

Il y a le site internet de l’institut de David O’Hare qui s’appelle https://www.coherenceinfo.com/. Vous y trouverez toutes les formations qui sont proposées, qui sont vraiment sérieuses et efficaces.

Et pour se procurer ce petit logiciel qui permet de suivre en temps réel les battements du cœur ?

Pareil, c’est auprès de cet institut.

Pour en savoir plus sur vous, sur votre activité, on peut vous retrouver sur le net ?

Oui j’ai un site internet qui s’appelle www.espace-ressource.fr

Deux mots à dire sur Omyzen ?

Et bien, je suis allée faire un tour sur le site, je trouve qu’il est vraiment bien fait, il est très varié, y a pleins d’infos à glaner pour les thérapeutes en herbe qui souhaitent s’installer et puis même pour les autres d’ailleurs, pour se tenir au courant. Vraiment il est très bien fichu, allez-y, je ne peux vous dire que ça, c’est intéressant !

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