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L’Art-thérapie pour les personnes âgées

Jean-Michel Pichery est Fondateur de l’ARTEC, centre de formation professionnelle et continue en Massage, Relation d’aide, Sophrologie et Art-thérapie. Il présente ici aux lecteurs d’Omyzen  les grands principes de fonctionnement de l’Art-thérapie, ainsi que son intérêt auprès des personnes âgées pour favoriser la créativité et le bien-être. 

art-thérapie

« L’Art-thérapie permet de s’émerveiller encore et à nouveau en devenant des êtres créatifs. »

Une pratique d’Art-Thérapie chez « A.R.T.E.C.-Formation »

… assortie de quelques détails signifiants et d’observations sur son adaptabilité aux personnes âgées.

Nombre d’ouvrages avertis renseignent d’une façon plus avantageuse sur l’art-thérapie et sur son application avec les personnes âgées. Voici ici, un simple regard, issu d’une expérience professionnelle (objectif-contenu-exploitation), sans théorisation et conceptualisation, d’une méthode pédagogique basique utilisée par l’« ARTEC », facilement adaptable aux personnes âgées.

1. Un objectif : évoluer vers un mieux-être

Rappelons que le but de l’art-thérapie ne se situe pas apriori dans une pure recherche artistique car il ne poursuit pas un objectif techniquement esthétique ; ce qui n’empêche en rien la réalisation d’œuvres surprenantes et remarquables. Le but n’est point aussi une thérapie au sens médical ; ce qui n’empêche pas, pour les seuls praticiens qui en ont développé les compétences et professent en conformité avec la législation, d’utiliser l’art-thérapie en tant qu’outils thérapeutiques au sens médical, analytique et psychothérapeutique. Basé sur une démarche phénoménologique, le but fixé se centrera plus sur une simple et profonde recherche d’évolution ou de progression de la personne plutôt que sur ce qui n’en est qu’un résultat, à savoir une transformation : faut-il d’abord évoluer pour prétendre se transformer. Souvent, vouloir « se transformer », tout comme les bonnes résolutions qui ne durent que le temps de les prendre, risque de n’être qu’un mirage. On peut en effet « changer de forme » sans évoluer ; et l’on peut même à ce titre régresser !

Au préalable :  se mettre dans un état propice à la créativité

La pratique de l’art-thérapie puisse ses sources en premier lieu aux techniques de la relaxation, notamment   dynamique. Il n’y a pas d’art-thérapie, de moindre acte de créativité, sans une moindre modification d’état de conscience » et cela grâce à la relaxation ou la sophrologie. Il s’agit d’induire un « lâcher-prise » pour « oser créer » et faire émerger un espace à dimension art-thérapeutique :

Un espace Artistique :

La relaxation réveille l’imaginaire, fonction vitale de tout être humain et en déclenche une puissance créative. De ce fait un état de relaxation dynamique devient lui-même médiateur art-thérapeutique. De plus cet état de relaxation se perpétuera à longueur de séance ou d’atelier.

La dimension Thérapeutique :

Dans son sens originel : « prendre soin de soi, se respecter » : donc dans une optique de recherche d’un bien-être. Ce « bien-être », dont la notion est si galvaudée et souvent réduite par la publicité à une marque d’une lotion, en tant qu’objectif à atteindre grâce à l’art-thérapie, devient le plus important programme d’évolution que l’on puisse se fixer. C’est une aventure de vie parfois difficile, exigeant le deuil d’infinis blocages comportementaux. Mais elle engage sur une voie royale celle de l’«égologie » ou construction de son soi, combien joyeuse puisqu’il s’agit au final de retrouver une confiance en soi pour « devenir existant », pour enfin « être ». L’art-thérapie est en elle-même cette aventure pour qui l’expérimente, quel que soit son âge : elle réveille les forces vives de créativité en réveillant en même temps les énergies vitales de l’enfance (et non celles d’un infantilisme) et la riche force d’une maturité adulte.

personnes âgées

« Ce « bien-être » devient le plus important programme d’évolution que l’on puisse se fixer. »

Pour les personnes âgées : attiser l’émerveillement et la créativité

L’art-thérapie se révèle des plus utiles pour réveiller « leur imaginaire » car lui, il ne vieillit point ; il se bonifie même au cours des années ! Elle contribue à ce que leur vieillesse ne soit pas vécue comme une régression. Cela les aide aussi à éviter de sombrer dans l’infantilisme ou gâtisme, à retrouver « leur âme d’enfant ». Enfin l’art-thérapie réduit le risque d’un repli sur soi, remédie du moins partiellement à une perte d’autonomie, contribue à conserver la mémoire et son identité…… Bref, elle permet de s’émerveiller encore et à nouveau en devenant des êtres créatifs. Car un être qui ne crée pas est déjà un mort-vivant en ayant détruit la potentialité de son vital imaginaire.

2. Une pratique…

La pratique de l’art-thérapie exige de respecter scrupuleusement toutes les prescriptions protocolaires nécessaires à la construction d’une séance individuelle ou d’un atelier : accueil, installation, matériel (ne pas oublier la boîte de Kleenex pour sécher parfois quelques larmes!), lieu dédié, durée, …… ; ainsi que les règles éthiques et déontologiques : bonne distance, attitude, limites, moralité, discrétion,……, bref, tout ce qui fait l’objet du contenu de toute formation sérieuse.

Spécificités à prendre en compte

Avec les personnes âgées, faut-il faire preuve tout simplement de « bon sens » : il ne s’agit pas de les perturber mais d’aller cependant dans l’accomplissement du procédé au maximum des limites possibles mais respectueuses. De ce fait il convient d’adapter la pratique et de poser de telles limites en fonction des objectifs fixés et de degré d’autonomie des participants : leurs états physiques, psychiques, handicaps ou degrés d’Alzheimer ; et aussi par rapport aux conditions et situations liées au lieu d’accueil : EHPAD, Hôpital, Maison pour Tous ou de Vacances, Foyer, Résidence, Béguinage…

Mener une séance, ou un atelier, pour ne rappeler que quelques points, nécessite :

a- Une indispensable mise en situation et condition préalable

Cette mise en condition ne s’effectue durant quelques minutes que par l’utilisation d’une technique adaptée de relaxation verbale ou manuelle. Pour les personnes âgées, on privilégie une induction corporelle (massage des mains, des bras, du dos, du front), ou une musique, ou encore tout autre moyen pour réveiller une sensation et peut-être déjà une vitale émotion…. S’il n’y a pas une telle préparation, il ne se produira pas de véritable éveil de l’imaginaire et de créativité, de dimension art-thérapeutique ». La séance risque de se transformer en simple activité occupationnelle, qui ne manque pas pour autant d’intérêt.

b- La sélection d’un médiateur

  • Peinture-forme-couleur :

    semble être le médiateur à favoriser pour les personnes âgées. Notons que l’usage de fusains, encres, pastels…. risque de les induire à vouloir « bien faire » en les renvoyant à d’anciens réflexes de technicité de leur vie antérieure professionnelle et/ou scolaire (d’où preuve, ici encore, de la nécessité d’une mise en condition par la relaxation). Sinon, il convient de commencer l’atelier par des médiateurs plus instinctifs qui se rapportent à la couleur : mandala (à partir de « son propre » cercle magique), peinture à doigts, graphisme, collage, maquillage (de soi, de l’autre ou d’objets représentatifs telles que des marionnettes que l’on aura confectionnées par exemple ….).

  • le Collage :

atelier passionnant qui permet de construire des posters avec des images anonymes mais sélectionnées, ou avec des images personnelles et chères chargées d’émotions (souvenirs, photographies, dessins …). N’oublions-pas, pour éveiller d’agréables et constructives régressions, de mettre si possible à disposition les petits pots de colle parfum amande « Cléopâtre » (on y plonge les doigts) et des petits ciseaux (heureusement irritant) comme à l’Ecole!

  • l’Ecriture :

atelier génial bien que plus délicat car plus « intellectuel » ; mais mille astuces pour « oser » restent à inventer pour en plus contribuer à faire « travailler » la mémoire des participants.

  •  l’Argile :

c’est le plus archaïque des médiateurs qui de ce fait peut ressusciter de fortes réactions émotionnelles ; il reste donc à utiliser avec prudence avec un public âgé. Le médiateur peut être substitué selon les cas par toute autre pâte maniable particulière : à modeler, à bois, à sel, à papier.

  • Les ateliers « Sensorialité »

bâtis sur l’exploration des cinq sens, très enclin pour renforcer l’imaginaire et la créativité, semblent à privilégier pour nos « ainés » ; ils servent en outre de moyens de stimulation et de rééducation sensorielle.

  • la Danse :

véritable « rituel miraculeux » ! Nous ne pouvons, pour justifier une telle expression imagée, recommander ce jour l’ouvrage « Faites danser votre cerveau » aux éditions Odile Jacob, paru en septembre 2018, de Madame Lucy Vincent, neurologue, qui démontre l’influence -et la nécessité- du mouvement sur le cerveau pour entrainer une restauration des capacités notamment créatives. Citons aussi «Danser à corps joie »aux Editions Dangles, paru en octobre 2018, rédigé par notre formatrice ARTEC en Danse-Thérapie, Madame Dominique Hautreux.

  •  Rythme et Musique

est un médiateur facilement lié à l’expression corporelle et à la danse. Notons ici l’importance d’accompagner la réalisation de la plupart des ateliers par un fond musical. Il est souhaitable d’ éviter les musiques dites de relaxation souvent sirupeuses, pour privilégier celles archétypales et rythmées, du monde, primitives ou modernes, ou celles qui répondent à des souvenirs particuliers pour les participants

  • Chant, Clown-praticien, Masque, Sand Play ou bac à sable, Conte et Jeu théâtral, Sophrologie Ludique :

il s’agit d’autres médiateurs (au programme de l’ARTEC) qui s’appliquent à merveille avec un réel bonheur en tout milieu, avec un tout public et particulièrement avec les personnes âgées.

Au vu de cette liste quel est donc le médiateur qui ne mérite point d’être privilégié ! De plus ils s’imbriquent tous les uns les autres dans un déroulement constructif et unificateur de séance artistico-thérapeutique, baignée de relaxation et de musique…. et surtout de plaisir :

graphisme=collage=écrit=argile=masque=maquillage=conte=chant-théâtre=danse= …. ou l’inverse !

gériatrie

« L’art-thérapie se révèle des plus utiles pour réveiller « leur imaginaire » car lui, il ne vieillit point ; il se bonifie même au cours des années ! »

  • Quelques observations complémentaires :

 Rappelons que, le plus souvent possible et selon les situations, le praticien ne fournit que les matières premières (pinceaux, rouleaux-mousse, argile, feutres, encres, papiers divers, tissus etc. …..) indispensables pour fabriquer l’objet constitutif du thème de la séance, sauf dans le cas où les pratiquants doivent eux-mêmes apporter un tel objet. C’est souvent cette fabrication qui se transforme elle-même en médiateur de construction , qui se révèlera comme la plus riche et la plus intéressante expérience vécue par le sujet en concevant son masque, son jeu de carte, son conte, sa marionnette, son déguisement….

  • Certains ateliers, selon le médiateur et toujours en fonction du public, ne se réalisent non pas uniquement en solo ou en groupe (de douze personnes au maximum), mais encore en duo, trio, quatuor, sextuor. De même les apports n’en seront que plus décuplés si certains exercices se déroulent parfois les yeux bandés : les personnes rentrent alors dans une intériorité non parasitée par la vue et les interprétations et réserves qu’elle induit si souvent.
  • Tout comme un fond de musique et le maintien d’un état de relaxation accompagnent chacune des pratiques tout au long de leurs réalisations, il en sera de même dans la mesure du possible et selon les circonstances :

1. d’un « écrit post-création » :

Au terme de l’exercice, le participant « se précipite » sur une feuille de papier assortie de crayons, feutres ou pinceaux… (stationnant à proximité) pour se dépêcher d’exprimer par un écrit, un graphisme, une représentation, un mini-conte…… ce qu’il a envie de partager « avec lui-même » sur ses émotions premières, celles qui l’envahissent encore ; et c’est cette précipitation qui donnera une vérité radioscopique de son état émotionnel pour un travail sur soi plus sincère. Tout comme l’on procède en notant ses rêves pour les exploiter : dès son semi-réveil ou son semi-endormissement ; sinon, nous l’expérimentons sans cesse, ils s’estompent rapidement, notamment, avec dommages, les détails les plus significatifs et révélateurs.

 2. de la vidéo /caméscope :

Pour filmer avec grande prudence les étapes de l’exercice, mais surtout le participant lui-même en train d’agir. L’exploitation de l’image dans ses moindres détails, lors du feed-back, sera des plus révélatrices pour qu’il se surprenne de son propre comportement et de son mode de fonctionnement. « Se voir à cru » réveille d’utiles prises de conscience, combien utiles pour s’engager alors dans une démarche d’évolution « auto-art-thérapeutique ».

 

  • Une mise en garde s’impose parfois lors de la pratique de l’art-thérapie pour les professionnels confirmés dans une spécialité artistique : d’une manière caricaturale nous dirions, pour nous faire comprendre et à titre d’exemple, que le danseur confirmé peut se révéler piètre danseur art-thérapeute, ou un artiste-peintre averti un très médiocre peintre-thérapeute, etc…. si l’un comme l’autre n’additionnent pas leurs compétences développées dans le cadre de leur métier initial à celles développées pour une pratique en art-danse-thérapie. Les compétences ne peuvent s’opposer car les registres ne doivent pas se confondre. Une telle remarque concerne en fait chaque praticien ou animateur d’atelier pour l’inviter à se défaire de ses ancrages, de ses certitudes sur un simple savoir-faire au détriment d’un capital savoir-faire du savoir-être.

c – La sélection d’un thème :

L’atelier en art-thérapie se déroule en fonction d’un thème choisi qui se doit d’être ludique, donc agrémenté de plaisir. En principe c’est le participant lui-même qui le choisit, peut-être certes sous l’induction habile du praticien si c’est nécessaire. Ce thème émergera de son imaginaire (et non de son imagination qui n’en est qu’un honorable sous-produit), lequel a été mis, ne l’oublions pas, en effervescence dès le début de la séance par une induction de relaxation.

Le répertoire des thèmes est incommensurable, et de la part des personnes âgées encore plus surprenant. Ci une petite palette panachée de thèmes improvisée : animaux, ciel et étoiles, couleurs, aliments, habits et linge, chapeaux, souvenirs, famille, enfants, religion, conte-légende-histoire-mythologie, fleurs et végétation, maison (plan, chemin, décoration), pierre et tous minéraux, mer, montagne, pluie, tout ce qui résulte d’une association d’idées, tout objet (celui qui « vous représente », fétiche, médaille, celui qui se touche et qui touche, se voie, se goûte, s’entend, se renifle… ), et encore tout ce qui se révèle à partir de l’environnement (établissement, personnel, visites, soins, seringue, blouse blanche …etc…), et puisque nous abordons le temps de l’Avent et de Noël, travaillons donc sur le calendrier de Noël, la carte postale, la carte de vœux, le cadeau….

La recherche d’un thème peut constituer en elle-même le thème de l’atelier !

3.Une exploitation :

C’est l’étape fondamentale et indispensable qui grâce à une verbalisation, feedback et entretien, va ancrer les apports de l’expérience vécue par le participant comme moteurs d’évolution. Ainsi :

  • Le pratiquant, toujours selon son désir et son choix, présente d’abord son « œuvre » (graphisme, dessin, caricature, masque, statue, conte, maquillage, danse, odeur, bruit, ……..). Puis il exprime « son vécu », à savoir tout ce qui lui est passé et tout ce qui s’est passé dans sa tête et dans son corps : sensations, perceptions, émotions, sentiments, images, souvenirs, réactions, visions, pensées, idées, observations, couleurs, vibrations, …. chair de poule ! ….. Ensuite il partage son écrit à chaud « post-création » qui éclaire parfois avec des différences et contradictions ses premières verbalisations. Une telle verbalisation individuelle est déjà thérapeutique en soi (même si la verbalisation demeure « silencieuse » !) ; elle peut constituer en elle-même la seule exploitation suffisante de l’atelier.

 

hôpitaux

« Ces «retours des autres » que reçoit le participant se révèlent encore plus riche que sa propre découverte qui s’en trouve revalorisée. »

  • Mais si l’on travaille en groupe, il convient, toujours selon les situations, de mettre en synergie interactionnelle la richesse des vécus de chacun selon une méthode d’«effet miroir » ou de « ping-pong ». Lorsqu’ un pratiquant a fait part de son vécu à partir de son œuvre, de son expression et de son écrit « post-création », les autres membres du groupe vont à leur tour verbaliser, avant que vienne le temps de leur passage, sur ce qu’ils viennent de vivre grâce à ce premier participant. Et ainsi de suite. En fonction de la durée de l’atelier que l’on s’accorde, et pour qu’il se révèle encore plus intense, l’échange peut se dérouler en trois temps, c’est-à-dire entre chacune des étapes : présentation de l’œuvre, expression et écrit « post-création ».

 Ces «retours des autres » que reçoit le participant :

Ils se révèlent encore plus riche que sa propre découverte qui s’en trouve revalorisée. Ils l’ouvrent sur une dimension sociale et relationnelle, mais plus encore ils vont l’éclairer sur les messages et la symbolique cachés dans son œuvre en lui « ouvrant les yeux » sur son comportement, son expérience et sa propre histoire de vie.

  •  En fonction de l’objectif fixé du travail à poursuivre (personnel/collectif ; bien-être/ thérapeutique) voici, de toutes ces verbalisations, un « panier bien rempli » de matières premières qu’il reste à explorer et exploiter entre le participant et le praticien. Celui-ci utilisera la méthode verbale et/ou non verbale d’écoute emphatique, d’accompagnement et de relation d’aide qu’il aura acquise et dont il en aura développé de solides compétences à la suite d’une formation reconnue ainsi qu’une solide expérimentation assortie d’une supervision.
  •  Après cette exploitation, après s’être assuré que tous les participants sont « bien réveillées », c’est-à-dire sortis d’un état modifié de conscience – il existe de nombreuses recettes – comme on le pratique après toute séance de massage ou de relaxation, après un éventuel rangement rapide du matériel et de la salle, on procède au rituel de salutations, de remerciements mutuels et d’au-revoir.

 

  • Selon les protocoles fixés, le praticien établit ensuite tout/toute compte-rendu, observation simple ou clinique, synthèse, grille d’évaluation, bilan…..… utiles pour les besoins d’une poursuite des séances futures et à partager/analyser éventuellement avec l’équipe médicale, paramédicale, éducative, d’accompagnement de l’établissement pour contribuer au suivi thérapeutique.

En conclusion…

La pratique ludique des médiateurs métamorphose la Parole en Verbe qui se fait cher (au sens précieux du terme), et la Créativité en Œuvre art-thérapeutique. A condition que le praticien soit vigilant à ce que la verbalisation ne tombe dans un débordement de bavardages corrosifs bien que certains torrents de paroles puissent se transformer en médiateur et en tremplin pour redécouvrir la tonalité du silence! Qu’il soit surtout vigilant à ce que personne dans le groupe ne coupe la parole à celui qui s’exprime et qu’il ne soit proféré de l’un vis-à-vis de l’autre le ou la moindre jugement, interprétation, généralité, comparaison ; chacun ne parle que de lui, de lui seul et de son propre univers s’il le veut bien. C’est un principe de base de la pratique de l’«égosophie » si chère à notre organisme ARTEC-FORMATION.

Jean-Michel Pichery – Fondateur de l’ARTEC –

Retrouvez tout les programmes de Formation sur : www.artec-formation.fr

P.S. : Dernière observation avec un avis aux apprentis-sorciers :

On ne peut se former à la pratique de l’art-thérapie qu’en groupe, qu’en situation réelle, et qu’en vivant dans ses tripes les mécanismes des ateliers ainsi que les expériences et les émotions qui en jaillissent. Une telle formation est très difficile, voire impossible, à se dérouler en milieu universitaire trop administratif -et nous en parlons en connaissance de cause ! Une formation, et plus encore avec supervision, « à distance » ou par correspondance ou avec des D.V.D., non seulement n’est pas sérieuse mais n’en est tout simplement point une; elle peut même présenter des risques. Relatons un « fait divers » à titre d’exemple, sur une formation en « massage des bébés » : « Un père condamné (le 7 novembre dernier à 3 ans de prison ferme) pour avoir brisé les os de sa fille en effectuant des massages » d’une extrême violence ( in Les Dernières nouvelles d’Alsace et Paris Match-Faits divers). Résultat : une dizaine de fractures aux bras, aux côtes, à la clavicule ! Il s’était formé aux techniques de massage sur un site INTERNET. Si ce fût une vidéo de formation en art-thérapie, cet homme aurait fracturé combien de neurones cervicaux de son pauvre cobaye d’enfant!

A lire aussi :

Se former à la sophrologie : 2# Choisir sa formation

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