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La kinésiologie : méthodes et principes de fonctionnement

kinésiologue

Le kinésiologue utilise des tests de résistance musculaire pour recueillir des informations sur l’origine des dysfonctionnements.

Depuis quelques dizaines d’années, une discipline nouvelle a rejoint le domaine des thérapies alternatives : la kinésiologie. Une pratique aux méthodes variées et aux applications nombreuses. D’où vient la kinésiologie ? En quoi consiste-t-elle ? A qui s’adresse-t-elle ? Omyzen brosse le portrait de cette approche encore assez peu connue.

Kinésiologie ou kinésiologie appliquée ?

Etymologiquement, kinésiologie signifie «étude du mouvements ». A la base, ce terme désigne une discipline rattachée à la kinésithérapie, qui se rapporte à l’observation des mécanismes musculaires et ostéo-articulaires à l’œuvre dans les mouvements. C’est une approche utilisée par les professionnels de santé dans le cadre de l’orthopédie, de la médecine du sport ou du travail. Nous ne parlerons pas ici de cette discipline médicale mais de la la kinésiologie appliquée (KA).

La kinésiologie appliquée est une méthode de soin non conventionnelle, qui se base sur des tests musculaires pour identifier les troubles. C’est une méthode empirique qui sert à trouver les causes psycho-émotionnelles des dysfonctionnements et qui agit en dénouant des blocages au niveau énergétique.

D’où vient la kinésiologie ?

La kinésiologie apparait aux Etats-Unis dans les années 60. A l’origine, c’est le Dr George Goodheart, un chiropracteur, qui remarque une particularité chez ses patients. Ils ont un muscle faible et en même temps un organe qui dysfonctionne. Il élabore petit à petit un protocole de tests visant à identifier quels sont les muscles qui manquent de tonicité. Faisant des ponts avec la médecine chinoise, le Dr Goodheart a défendu la théorie selon laquelle les muscles correspondent à des organes mais aussi à des méridiens d’acupuncture. A cette époque, la pratique de la kinésiologie est alors réservée aux professionnels de santé.

Dans la continuité, le chiropracteur John Thie conceptualise le protocole « Touch For Health ». En 1973 il publie un ouvrage qui décrit des correspondances entre des points réflexes, des muscles et des méridiens. Ce livre rencontre un vif succès et des thérapeutes intègrent cette approche psycho-corporelle dans leur pratique.

A la même période, Daniel Whitesite et Gordon Stockes explorent l’origine psychosomatique des maladies et élaborent un autre des piliers de la kinésiologie : le « concept 3 en 1 ». Cette approche propose une approche holistique de l’individu, faisant ressortir les relations entre corps, mental et esprit.

La K.A. en France

La kinésiologie est arrivée en France dans les années 80 et a connu un certain succès, avec la création de plusieurs écoles de formation. Face à la multiplicité d’enseignements hétérogènes et inégaux, en 2000, la Fédération Française de Kinésiologie décide de structurer la profession. Elle élabore un code de déontologie et rebaptise la discipline « kinésiologie appliquée », qu’elle définit ainsi :

« La Kinésiologie Spécialisée est une pratique professionnelle destinée à favoriser un état d’équilibre et de bien-être physique, mental et social. Elle propose différentes techniques de gestion du stress et des émotions qui utilisent de façon heuristique la réaction musculaire au stress ».

Beaucoup de praticiens en kinésiologie sont des professionnels de santé qui ont intégré cette méthode dans leur pratique. Mais on peut aussi être kinésiologue sans faire parti du corps médical, on pratiquera alors une kinésiologie dite « non thérapeutique ».

Et ailleurs dans le monde ?

Aujourd’hui, la kinésiologie est pratiquée dans le monde entier, elle est présente dans près de 80 pays. Elle s’est notamment beaucoup développée dans les pays anglo-saxons : Etats Unis, Angleterre, Australie, Canada et Nouvelle Zélande. En Europe, elle rencontre un engouement en Suisse, en Allemagne et en Espagne. La Fédération Européenne de Kinésiologie s’implique pour développer la discipline et favoriser les échanges d’informations et d’études entre les praticiens des différents pays.

Quels sont ses principes de fonctionnement ?

La kinésiologie s’appuie à la fois sur des pratiques inspirées de l’Orient (à travers la médecine chinoise) et de l’Occident (par la chiropractie).

L’influence de l’énergétique chinoise

La kinésiologie se base d’une part, sur une théorie proche de la médecine chinoise. Elle part du principe selon lequel un courant d’énergie vital parcourt en permanence le corps, le nourrissant et lui assurant un bon fonctionnement. Les états pathologiques correspondraient à un blocage ou à une mauvaise circulation de ce flux énergétique. Dans cette approche holistique, il y a une interaction permanente entre les différents systèmes : nerveux, lymphatiques, énergétiques, musculaires, sanguins, émotionnel, respiratoire…

Une approche nouvelle : le biofeedback

Fondée par un chiropracteur, sa spécificité est néanmoins d’établir une corrélation entre les muscles et les organes. Selon la kinésiologie, quand un organe ou une fonction physiologique est affaiblie, le muscle qui lui correspond perdra en tonicité. Les tests musculaires (biofeedback) servent donc d’outils de diagnostic, permettant de repérer l’origine du trouble.

Le thérapeute va toucher le poignet de la personne et le baisser. Il demande au patient de résister. Avec son autre main, il va alternativement poser le doigt sur différentes parties du corps du patient ou sur des planches avec une liste de mots. Quand la résistance musculaire du patient sera moins forte, (« non-verrouillage ») ce sera le signe d’une faiblesse ou d’un déséquilibre au niveau de la variable testée.

En effet, en temps normal, le muscle se contracte et « verrouille ». Dans une situation de stress le muscle a tendance à avoir moins de tonicité, on dit qu’il « déverrouille » Si le patient ne peut pas résister à la pression exercée par le thérapeute quand on lui touche le genou alors que pour n’importe quelle autre partie du corps il résiste normalement c’est qu’il a une faiblesse au genou.

La kinésiologie est présentée comme étant également un outil de traitement. En corrigeant la faiblesse musculaire, le but du thérapeute est de rétablir un fonctionnement physiologique normal de l’organe ou du système qui était défaillant. Ces corrections consistent en un ré-équilibrage énergétique ou psycho-émotionnel.  Elles peuvent consister en  des mouvements des membres permettant de synchroniser les hémisphères cérébraux gauches et droits ou d’autres techniques prenant le corps comme médiateur.

Origines psychosomatiques des maladies et mémoires du corps

La kinésiologie part aussi du principe selon lequel le corps garde en mémoire tout ce que la personne a vécu. Par un dialogue avec le corps, il est donc possible de remonter jusqu’à l’origine psychosomatique d’un problème. Elle propose de remonter à la cause des pathologies, en retrouvant et en désamorçant le stress qui les a généré. La kinésiologie psycho-émotionnelle est plus particulièrement axée sur l’identification des troubles émotionnels et psychologiques qui se manifestent dans le corps. Elle amène à prendre conscience de ce qui nous a affecté et à mettre des mots dessus pour s’en libérer.

Dans cette approche thérapeutique, le consultant est pleinement actif dans le chemin qui l’amène à augmenter son bien-être.

Les différents techniques utilisées en kinésiologie

Nous retrouvons donc en kinésiologie des notions théoriques de médecine chinoise ainsi que des pratiques d’acupression inspirées du tuina. Son fondateur étant chiropracteur, il y a également des techniques de manipulation issues de cette discipline. D’autres praticiens  ayant enrichi la disciplines de leur propres théories et pratiques, il existe aujourd’hui plus de 80 formes de techniques rattachées à la kinésiologie.

Les 3 principales sont :

Le « Touch for Health » (toucher pour la santé)

kinésiologie

Le Touch For Health se base sur la roue des 5 éléments.

Dans son livre « Touch for Health », John Thie synthétise les grands principes de la Kinésiologie Appliquée proposée par Goodheart. Il met à disposition du grand public une série de tests musculaires associés à des points d’acupuncture. La formation Touch for Health se décline en 5 niveaux. L’élève va apprendre à tester les 42 muscles révélateurs de stress. Les informations recueillies par les tests sont analysées à la lumière de la roue des 5 éléments issue de la médecine chinoise. Ensuite, le kinésiologue va normaliser les muscles pour rétablir l’équilibre énergétique. Cette normalisation peut passer par de l’acupression sur des points neuro-lymphatiques ou neuro-vasculaires, le brossage des méridiens ou encore l’alimentation.

Par ce travail sur le corps, le kinésiologue va stimuler les capacités naturelles d’auto-régulation du corps pour accompagner la personne vers un mieux-être. C’est une technique de régulation énergétique, qui permet d’améliorer la posture, la vitalité et d’harmoniser les différentes dimensions de l’être.

Le « 3 en 1 Concepts » (One Brain)

Cette technique se définie comme une méthode d’intégration cérébrale, qui prends en compte les relations entre le corps, le mental et l’esprit. Elle a été élaborée par Gordon Stokes, Candace Callaway et Daniel Whiteside. Son principe est de libérer la personne de traumatismes et stress émotionnel, de lui redonner confiance pour qu’elle puisse retrouver sa pleine autonomie et avoir une vie plus épanouie. Le travail se fait au niveau de l’inconscient et des mémoires cellulaires.

3 en 1

Le baromètre du comportement est un des outils utilisé dans la méthode du 3 en 1 concept. Il permet de nommer ce que l’on veut et ce que l’on ressent.

Différents outils sont utilisées pour rechercher l’origine inconsciente des troubles et identifier la nature des problèmes. La « structure fonction » consiste à décoder dans les postures du corps et les traits du visage, les forces et faiblesses propres à l’individu. La « récession d’âge » est un protocole pour revenir dans l’histoire de l’individu et dater l’origine de son traumatisme. La « défusion du stress émotionnel négatif » va aider l’individu à ne plus s’identifier à une émotion désagréable liée à un évènement passée. Elle sera suivie d’une « infusion » visant à implanter quelque chose de positif à la place.

Le Brain Gym (ou Kinésiologie Educative)

Le Brain gym, en encore l’éducation kinesthésique, a été inventée dans les années 1980 par le Dr Paul Dennison. Selon lui :

« Le mouvement est la clé de l’apprentissage »

Les postures du corps ainsi que certains mouvements spécifiques ont un impact sur le fonctionnement du cerveau et donc sur les capacités cognitives, l’état émotionnel et plus globalement sur l’état de santé d’un individu. Le brain Gym, ou « gymnastique de l’esprit », propose 26 mouvements et activités motrices à pratiquer pour favoriser la concentration, la mémoire, l’estime de soi, afin de développer son plein potentiel. Cette technique  est surtout utilisée chez les enfants, notamment  pour les troubles cognitifs.

Les mouvements corporels spécifiques du Brain Gym vont faciliter l’apprentissage.

Résultats d’études et Bilan d’efficacité

Si des démonstrations de kinésiologies peuvent avoir des résultats étonnants – notamment sur l’identification des troubles dont souffre un consultant- il n’existe à ce jour pas d’études rigoureuses démontrant clairement la pertinence et l’efficacité de cette démarche. L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) ne reconnait pas encore la kinésiologie, mais ses défenseurs se battent pour structurer et faire reconnaitre cette discipline.

Un courant pointé du doigt pour risque de dérives sectaire

Les critiques faites à la kinésiologie portent sur le fait qu’en l’absence de diplôme reconnu et d’encadrement institutionnel de la profession, tout le monde peut se déclarer kinésiologue ou formateur en kinésiologie. Ce qui laisse la porte ouverte à l’amateurisme et à la récupération de ce courant par des personnes plus ou moins bien intentionnées.

Devant la diversité des approches et la dérive possible de cette technique de soin, La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES) a émis des mises en garde et surveille de près la kinésiologie. Le Conseil national de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes condamne également la kinésiologie, qu’il qualifie de « dérive thérapeutique ».

Une approche qui porte néanmoins ses fruits

Malgré ce manque de reconnaissance, la kinésiologie continue de se développer et de nombreux praticiens se forment, séduits par la simplicité de la méthode. En effet, le système de test musculaire  permet d’identifier des troubles et de passer par le corps pour ouvrir un dialogue avec le patient sur ce qui le gêne et les origines probables de son problème. Elle est de plus en plus utilisée notamment chez les enfants et les sportifs de haut niveau.

A lire aussi :

La médecine chinoise, un art millénaire au service des défis d’aujourd’hui

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