Accueil / Médecine chinoise / Interview de Thierry Vinai, directeur de l’Institut de Médecine Traditionnelle Chinoise

Interview de Thierry Vinai, directeur de l’Institut de Médecine Traditionnelle Chinoise

Thierry Vinai, président du SIATTEC et directeur de l’IMTC.

Thierry Vinai bonjour, merci d’accorder cette interview à Omyzen.

Bonjour Anne-Sylvie.

Vous êtes ostéopathe et thérapeute en médecine traditionnelle chinoise, diplômé de l’université de Shanghai. Vous dirigez l’Institut de Médecine Traditionnelle Chinoise du Pontet, fondée par votre père.  Pouvez-vous nous dire quelles sont les spécificités de l’IMTC par rapport à d’autres écoles ?

Il existe un nombre croissant d’écoles. Notre spécificité tient dans notre méthode pédagogique : moitié théorie, moitié pratique et cela dès la première année. Ensuite c’est une école agrée par une Université d’Etat de premier ordre, comme Shanghai, Pékin, Nankin et Tianjing. Ces universités sont désignées et reconnues  par l’OMS comme des universités formant les praticiens en acupuncture et moxibution.

Pour vous, quels sont les critères d’une bonne école en MTC ?

Tout d’abord, choisir une école agrée par la Confédération Française de Médecine Traditionnelle Chinoise (C.F.M.T.C.). Cela garantit qu’elle respecte le manuel qualité de la profession.  Ensuite, qu’elle soit affiliée à une Université d’Etat de MTC en chine qui en contrôle le programme.  Également, qu’elle organise des stages pratiques dans les Universités de MTC de Chine. Les professeurs doivent être des praticiens en MTC installés de longue date. C’est aussi important qu’il y ait de bons supports pédagogiques et des petits groupes de pratiques et ce dès la première année. Enfin, prêtez attention à ce que cette école respecte les normes en vigueur, au niveau des assurances ou encore de l’hygiène.

En tant que directeur d’école, quels sont les défis auxquels vous avez à faire face ?

Mon objectif, avec mon équipe, est de former des praticiens compétents en 5 ans. Pour cela nous devons améliorer sans cesse les outils pédagogiques, nous cherchons sans cesse à perfectionner notre méthode d’apprentissage. Il faut aussi s’adapter aux normes  exigées  par les organismes de prise en charge des formations. Enfin, toute la logistique prend une grande part dans l’enseignement.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui cherche un qui cherche un thérapeute en MTC ? Comment peut-il trouver un praticien compétent, sur quels critères doit-il se fonder ?

Tout d’abord, qu’il se réfère au SIATTEC, à l’UFPMTC et la FNMTC, qui ont une liste de praticiens installés. Ensuite il vaut mieux les appeler pour savoir en premier si ce qu’ils proposent correspond bien à leur demande. En effet, les praticiens ne pratiquent pas tous les trois outils principaux de la MTC que sont le tuina, l’acupuncture/moxibution et la pharmacopée chinoise.

Aujourd’hui en France, la MTC est classée dans les thérapies dites  alternatives, avec la réflexologie, la naturopathie,  ou encore la sophrologie, quelle place a-t-elle parmi toutes ces disciplines, quelle est sa spécificité ?

D’abord la MTC n’est pas alternative, elle est complémentaire. Elle traite d’une manière holistique avec ses spécificités. Nous réalisons tout d’abord un Bilan énergétique basé sur les  4 temps et les 8 règles, puis nous élaborons un principe de traitement et nous procédons au traitement.

Vous êtes président du Syndicat Indépendant des Acupuncteurs Traditionnels et des Thérapeutes en Énergétique Chinoise (SIATTEC).  Quel est l’intérêt d’adhérer à un syndicat  pour un praticien, en quoi est-ce important aujourd’hui ?

Le SIATTEC a une spécificité qui lui est propre. Il accepte les praticiens de tout horizon pourvu qu’ils en remplissent les critères. En adhérant, le thérapeute se protège car le SIATTEC fournit une assurance RCP aux praticiens en MTC qui ne sont pas docteurs en médecine. Il a aussi l’avantage d’apporter une couverture juridique. En cas de procès, la première année d’exercice, elle est d’un montant maximum de l’ordre de 3500 euros et à partir de la deuxième année elle prend en charge la totalité des frais de procédures.

Vous agissez pour la reconnaissance et la légalisation de la MTC en France, pour qu’elle soit intégrée dans un cadre réglementaire. Qu’est-ce qui motive votre démarche ?

Nous sommes frappés d’exercice illégal de la médecine et je m’inscrit en faux là-dessus car nous ne faisons pas du tout la même chose. Nous souhaitons ne plus être poursuivi car nous ne sommes pas dangereux. Nos étudiants apprennent les gestes d’exclusions, il n y a qu’à voir combien on a de problèmes avec les patients, c’est vraiment très rare voire inexistant. Les assurances ne s’y trompent pas car elles n’augmentent pas nos cotisations. Et puis je me bats pour que les patients aient un libre choix de soin et une meilleure accessibilité aux soins.

Pouvez-vous nous dire où en sont les démarches en cours ?

Malgré toutes nos démarches, je constate qu’on nous écoute mais qu’on ne nous entend pas. Mais cela ne nous empêche pas de persévérer car je sais que la reconnaissance viendra bien un jour. Nous commençons à représenter un certain nombre de praticiens. La MTC a l’avantage de présenter très peu d’effets secondaires. Et puis on cotise et on fait économiser de l’argent à la sécurité sociale. Cela intéresse les pouvoirs publics et les politiques en général. Pour l’instant rien de nouveau mais on continue.

Pensez-vous que la France autorisera la pratique de la MTC par les non médecins dans les années à venir ?

Oui car nous sommes en Europe et nombre de pays européen l’ont légalisé, ce n’est qu’une histoire de temps quand les lobbys comprendront que nous ne sommes pas un danger et qu’ils n’ont rien à perdre plutôt tout à gagner, ça ira mieux. Regardez avec la reconnaissance de l’ostéopathie et de la chiropractie. Le nombre de patients n’a pas baissé et nous pallions à un manque croissant de médecins.

Qu’est-ce que ça changera pour les praticiens ? Et pour les patients ?

Ne plus être poursuivi et pratiquer en toute légalité. Les patients ont des fois honte de dire qu’ils nous ont consultés. Cela va nous permettre de pouvoir dialoguer avec la médecine moderne pour le bien-être de nos patients.

En annonçant qu’elle allait intégrer la pharmacopée chinoise dans la 11e version de la CIM (Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexe), l’OMS vient de reconnaitre la médecine chinoise. Qu’est-ce que cela peut changer pour la pratique de la MTC en France dans les années à venir ?

L’OMS édite des prérogatives et reconnaît la MTC. Après si les états membres les suivent c’est super. Nous sommes dans le pire des cas en France cela ne peut que s’améliorer. Par contre en ce qui concerne l’URSSAF, la maladie, les caisses de retraites, la CFE, les assurances…là on veut bien nous reconnaître. Il y a cette hypocrisie qui ne peut pas perdurer. Qu’on nous dise clairement si on veut nous légaliser ou pas car pour nos patients eux nous ont adopté et viennent en masse nous consulter. Si nous ne répondions pas à un besoin on n’existerait pas, ne croyez-vous pas ?

Tout à fait…

Quelques mots sur le site Omyzen ?

A consulter régulièrement !

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

x

Lisez aussi

La médecine chinoise, un art millénaire au service des défis d’aujourd’hui

Si elle est classée en France dans le domaine des « médecines complémentaires », ...