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Thérapeute alternatif: les difficultés de la reconversion

La plupart des thérapeutes alternatifs sont des « reconvertis ». Ils ont fait le grand saut et quittent un job souvent plus sécurisant pour se lancer dans l’aventure de la thérapie alternative. Leurs motivations sont variées : passion dévorante pour une discipline, quête de sens ou de liberté, plus prosaïquement besoin de créer sa propre activité au-delà d’un certain âge ou pour des raisons d’isolement géographique dans un bassin de l’emploi atone.

Quelques soient ces raisons cette décision est souvent difficile à prendre car elle provoque des changements structurants dans nos vies.

Omyzen écrit cet article qui met volontairement l’accent sur les difficultés du métier pour challenger votre démarche et vous donner quelques pistes de réflexion.

Le mythe de la liberté du thérapeute

Une des motivations des thérapeutes alternatifs en herbe est la liberté que procurerait cette activité. C’est vrai mais uniquement pour ceux qui n’ont pas de contrainte financière forte, c’est-à-dire qui peuvent vivre correctement même si leur activité ne tourne pas à plein régime.

Je connais des thérapeutes qui ont d’autres sources de revenu ou qui ont des besoins matériels très réduits. Ils peuvent alors réellement goûter à la liberté du métier car ils échappent au stress important des fins de mois difficiles et peuvent se permettre – même si ils tournent bien – d’avoir un planning allégé : pas de samedi, pas de soirées tardives voir 4 jours de travail sur 5.

Pour les autres la liberté effective apportée par le fait d’être à son compte est largement bridée par le stress ou la nécessité d’enchaîner les consultations sur des horaires souvent difficiles : les heures et jours où les autres ne travaillent pas ! Attention à l’impact sur la vie familiale et sociale.

Pas d’angélisme donc: soit vous avez des besoins financiers modestes soit il faut que vous soyez préparés à travailler dur pour gagner bien votre vie au détriment d’une partie de cette liberté tant espérée.

La solitude du thérapeute

C’est une des caractéristiques importantes de nos métiers : vous passez souvent vos journées seul avec vos patients. Même si vous partagez un cabinet avec d’autres thérapeutes cela compensera rarement un travail en équipe dans une entreprise classique. Certains doivent donc être préparés à passer d’un environnement socialement riche (l’entreprise et ses très agréables pauses café avec les collègues !) à un environnement professionnel plutôt solitaire.

Cette solitude peut s’avérer d’autant plus lourde à porter que vous recevez toute la journée des patients « en souffrance ».

Il est donc important pour votre équilibre psychique et votre épanouissement de pouvoir compenser cette solitude par un entourage affectif stable et/ou une vie sociale satisfaisante pour vous.

L’immobilité et l’enfermement

Passer des journées entières dans un cabinet à recevoir des patients ne convient pas à tous les caractères. C’est une dimension du métier à ne pas négliger pour des personnes énergiques supportant mal l’enfermement.

La motivation intrinsèque

En tant que profession libéral, vous allez aussi devoir trouver des sources de motivation intrinsèques. Quand vous êtes au travail dans une entreprise classique avec un patron, il peut être tellement confortable certains jours de fatigue de pouvoir se contenter d’exécuter les directives, de suivre une procédure etc. Quand vous êtes votre propre patron, c’est à vous de fixer le cap et de passer à l’action ! Attention alors à la procrastination

Notre conseil: dotez-vous d’un « cerveau collectif ». C’est-à-dire de personnes proches – idéalement d’autres thérapeutes ou un ami – pour partager avec eux vos doutes, parler des décisions importantes que vous devez prendre etc. Vous pouvez également poser des questions ou témoigner sur notre Forum.

La gestion d’une entreprise

Le thérapeute est également un patron d’entreprise.

Et tous les patrons d’entreprise savent que gérer une entreprise implique de consacrer une part importante de son temps à des activités qui n’ont rien à voir avec votre métier de « cœur »: gestion administrative, fiscalité, marketing, facturation etc.

Soyez donc préparés à assumer ces activités qui peuvent parfois être très contraignantes ou frustrantes et pour lesquels vous n’avez pas toujours été formés.

Nous mettons à votre disposition des articles pour vous accompagner sur ces aspects dans nos rubriques Gestion et Publicité.

La transition : des premières années parfois difficiles

Il faut en général compter quelques années pour que votre activité atteigne sa maturité: êtes-vous capables d’assumer financièrement ces années de transition ? Ne basez pas votre reconversion sur des projections financières trop optimistes du genre : mon cabinet sera plein après quelques mois d’activité !

Cela arrive parfois mais c’est tout de même plutôt rare.

Conclusion : faut-il se lancer ?

Bien sûr ! Nos métiers sont passionnants et apportent de nombreuses satisfactions. Prenez simplement le temps de bien mûrir votre décision en intégrant toutes les difficultés volontairement mises en avant dans cet article.

Pour réussir dans ces métiers « de vocation » il faut de préférence réunir un certain nombre d’ingrédients essentiels parmi lesquels :

–          La passion : elle permet de rester motivé et de franchir des montagnes !

–          L’équilibre : il permet de supporter la souffrance des autres sans perdre pied

–          L’énergie : pour gérer son entreprise, la développer, continuer à se former …

Enfin n’oubliez pas que nous ne sommes jamais prêts à 100% et que toute aventure entrepreneuriale commence par un saut dans l’inconnu !

Plus le risque est grand, plus belle est la récompense …

Bonne chance à vous et tous nos vœux de succès.

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