Accueil / Gestion d'une activité bien-être / Stage Qi Gong à l’étranger : Interview de Magali Poirier #2

Stage Qi Gong à l’étranger : Interview de Magali Poirier #2

 

Aujourd’hui, votre activité se déploie de plus en plus, depuis 4 ans vous organisez aussi des voyages au Maroc, où vous proposez des ateliers de Qi Gong et de chant. Alors, racontez nous comment vous êtes venue à organiser ces voyages ?

Alors le voyage ça fait partie des choses que je fais dans ma vie depuis maintenant de nombreuses années, j’aime ça, j’ai besoin de ça. Ça me permet de prendre du recul, de m’enrichir de toutes ces belles cultures, de ces différences. Le Maroc c’est arrivé il y a à peu près une dizaine d’années. J’étais très attirée par l’Afrique de l’ouest, le Maroc me semblait un peu touristique. Mais un jour j’ai suivi un ami et ça a été une révélation. D’abord j’ai réalisé que c’était vraiment l’Afrique, l’Afrique à deux heures d’ici j’ai trouvé ça génial ! Et puis une culture, une bienveillance et une gentillesse de la part des marocains, j’ai vraiment apprécié ces gens là. Donc j’y suis retournée plusieurs fois. Un jour j’y  ai amené ma fille, qui y a rencontré celui qui est devenu aujourd’hui son mari, avec lequel elle a deux enfants, donc je suis aussi grands-mère de deux petites filles franco-marocaines, donc le Maroc çà fait partie aujourd’hui de ma vie. C’est devenu ma deuxième maison. Et l’idée m’est venue un jour d’y animer du Qi Gong. Tout simplement parce que j’avais aussi envie de faire découvrir le voyage aux gens. Parce que le voyage c’est vraiment quelque chose de thérapeutique aussi ! Le fait de sortir de sa zone de confort, d’aller se frotter à d’autres cultures. C’est pas très loin, ce n’est pas très cher, donc c’est accessible à beaucoup. L’idée c’était de proposer un support, le Qi Gong et la voix puisque c’est des choses que j’aime faire. Et j’ai trouvé un lieu que je trouve vraiment chouette, c’est une ferme en fait, donc ça n’a rien à voir avec les lieux classiques qu’on peut trouver, qui demande un investissement plus important, donc ça nécessite des tarifs plus élevés. J’avais vraiment à cœur de proposer quelque chose d’accessible à tous. Donc c’est possible puisqu’on va dans une ferme, chez l’habitant, dans des conditions tout  à fait confortables, mais pas luxueuses et un des intérêts pour moi c’est d’être immergé totalement dans la culture avec des gens du coin, des berbères notamment. C’est vraiment une semaine où on vit avec les gens, dans un lieu très chouette, avec une piscine.

Je prends juste une douzaine de personnes, pour moi c’est important qu’il n’y ai pas trop de monde, pour pouvoir vraiment être avec chacun. Et puis dans ces voyages il y a souvent des gens qui viennent pour la première, qui n’ont jamais voyagé, ils viennent pour le Qi Gong,  la voix, parce qu’ils me font confiance et donc c’est bien de pouvoir créer un petit cocon sécurisant. Aujourd’hui c’est devenu un petit peu un concept : Le Maroc, le Qi Gong, la voix. Et tout ça est allié avec des visites dans la médina de Fes, dans la famille. C’est très convivial avec une place importante au voyage, avec tout ce qu’il y a de vivant, de profond, d’authentique. J’invite vraiment les personnes qui voudraient organiser ce type de séjour à faire aussi l’expérience du voyage. C’est différent du  séjour où on est totalement pris en charge, avec des hôtels qui sont souvent très à l’image des européens, pour moi l’idée c’était vraiment de proposer quelque chose d’un peu plus authentique et atypique.

Est-ce que vous avez rencontré des difficultés pour organiser ce voyage ?

Oui bien-sûr, au début c’est venu un peu intuitivement « tiens, si on faisait ça.. ». Après il m’a fallu trouver un lieu, je l’ai trouvé mais comme ce n’est pas un lieu classique, les gens n’étaient pas habitués à recevoir des européens. La première année il a fallu s’adapter, nous européens, on arrive avec quand même nos envies, nos habitudes de vie. Par exemple dormir dans des lits, avec des draps, c’est bizarre pour eux ! Eux c’est sur des banquettes, on se met une couverture, ou pas. Enfin voilà, il y a plein de choses comme ça qu’il a fallu réajuster. Faire la peinture juste avant, pour eux ce n’était pas trop un problème mais nous on sait que les odeurs de peinture c’est toxique et que … Enfin voilà on a vraiment traversé des moments un peu « roots »  au début. C’était le challenge, de prendre comme ça un lieu chez des gens qui n’étaient pas forcément au début totalement.. Mais en fait ça c’est construit ensemble. Au fur et à mesure, eux et nous, progressivement on a ré-ajusté. Les horaires aussi, alors là… Quand on va dans un hôtel, ils savent, ils connaissent. Mais là pour eux c’est hallucinant de se dire on mange à telle heure, pour eux il n’y a pas d’heure ! Et puis la nourriture aussi, c’est l’abondance, donc là aussi il a fallu réduire, mais pour eux c’est terrible de réduire ! Donc voilà, il y a eu pleins de choses à ré-ajuster et ça a pas été simple au début, vraiment pas simple ! Donc maintenant j’y vais carrément un week-end quinze jours avant, pour m’assurer que tout est bien clair et prêt. Maintenant ils sont briefés, ils connaissent un petit peu. Mais du coup, l’avantage et l’intérêt du fait que ça se soit construit ensemble, avec des difficultés au début, fait qu’on est arrivé aujourd’hui avec quelque chose qui est un peu un concept, qui s’est construit, entre les marocains et nous les  européens, qui fait qu’on arrive aujourd’hui à vraiment chacun trouver son compte. C’est vraiment très intéressant. Après de manières plus générales, quand on organise un voyage, il y a toujours ceux qui n’ont pas leur passeport, ceux qui veulent annuler au dernier moment, ceux qui ont des inquiétudes, alors il faut rassurer. C’est tout ce travail, c’est pas rien, mais c’est intéressant.

Est-ce que vous êtes toute seule à gérer à la fois l’organisation, l’interface entre les deux cultures, les cours de Qi Gong… ?

Très bonne question.. .Non ! Non parce que c’est très lourd, donc je m’entoure. Mon compagnon m’aidait au départ, on a fait ça à deux et c’était vraiment intéressant qu’il y en ait un qui s’occupe vraiment de la logistique. Aujourd’hui je fais ça avec la présidente et la trésorière de l’association, qui sont aussi élèves. L’organisation c’est quand même plutôt moi mais comme c’est la quatrième édition je commence à mieux maitriser. Régulièrement je fais des réunions, je pense que c’est important de pas rester seul dans l’organisation d’un voyage comme çà. Donc toujours avoir des réunions, pour demander l’avis des uns et des autres, c’est important. Sur place, jamais seul, il y a quelqu’un qui s’occupe de la logistique, de l’argent, de prendre des photos, de faire des films. Et la deuxième connait bien le pays, donc elle s’occupe plutôt de tout ce qui logistique avec les taxis tout ça. Parce qu’une fois qu’on est sur place on a besoin d’être vraiment concentré sur la gestion du groupe et l’animation des ateliers. Et d’ailleurs même maintenant je ne fais plus les visites avec eux. Je délègue à une personne qui se régale de faire ça. Moi je reste centrée sur l’animation. Ça me parait important. Donc seule, non.

Quels conseils vous auriez à donner à des personnes qui voudraient créer un voyage à thème, autour de leur pratique thérapeutique ?

Déjà, attention au lieu. Moi j’ai visité des lieux, j’avais l’impression d’être dans un hôtel ici en Europe. Ca part d’une bonne intention, pour faire plaisir les marocains vont rester dans nos standards… Le lieu ça me parait important, qu’il soit authentique c’est un risque, il faut sécuriser, mais pour moi l’intérêt d’un voyage c’est que les gens puissent vraiment se frotter à la culture telle qu’elle est là-bas, avec des petits aménagements. Ça c’est la première chose, trouver un lieu qui corresponde. Après, anticiper vraiment, les gens ont besoin qu’on anticipe, envoyer un mail six mois avant, j’envoie des mails régulièrement, une fois par mois. Il s’agit pas non plus de materner, c’est pas le propos, mais de mon expérience c’est important. Après il faut vraiment s’assurer que les gens aient une assurance et aussi prendre une assurance au nom de notre association. Moi je demande aux gens de se débrouiller pour prendre leur vol, ça c’est ma manière de faire. Quand le vol est compris, c’est un package, c’est encore autre chose. Là les gens prennent leur vols et ils viennent assister à un stage qui est organisé sur place.

Vous n’êtes pas auto-entrepreneur, quel est le cadre légal avec lequel vous organisez votre pratique professionnelle, vous êtes en association ?

C’est ça, jusqu’à présent je suis salariée de l’association, ça va bientôt s’arrêter puisque je suis en contrat aidé et qu’à la fin du mois de juin, tous les contrats aidés se terminent. Donc moi je suis salariée de l’association, j’organise un stage au Maroc, et les personnes, de leur propre responsabilité, donc avec leur propre assurance,  suivent un stage, organisé par l’association symbiozen, qui a elle-même sa propre assurance.  Moi c’est comme ça que je pratique.

Et ce stage annuel au Maroc a un tel succès que vous allez en proposer un deuxième cette année ?

Il est complet pour le mois de juin, depuis déjà 4 mois et j’ai d’autres demandes donc je vais sans doute en organiser en autre en octobre et peut-être pérenniser, en faire deux par an, il se trouve que j’ai des contacts actuellement au Maroc avec d’autres personnes, peut-être organiser un stage au sud, dans le désert. C’est un pays magnifique que je connais bien et que j’ai vraiment à cœur de faire découvrir. Donc effectivement à terme, organiser trois ou quatre stages dans l’année, je ne sais pas comment ça va évoluer pour le reste de ma pratique, mais c’est quelque chose qui est vraiment entre train de se mettre en place. Une histoire de tarif aussi. C’est vrai qu’on a besoin de s’y retrouver, c’est très important. Pour ma part, j’essaie de garder des tarifs assez raisonnables. Pour vous donner un ordre d’ idée, nous on arrive à proposer un stage tout compris, pour moins de 400€, sur six jours ; hors billets d’avion, en sachant que les billets, si on les prend à l’avance, on peut en trouver pour 60€. Donc ça reste un tarif très intéressant.

Très bien, comment on peut en savoir plus sur vous, si on veut participer à un voyage ou voir ce que vous proposez ?

Pour l’instant je ne suis pas encore très équipée mais je compte bien faire un site avant la rentrée. J’ai un blog dont l’adresse est symbiozen.blogspot.com Là vous aurez toutes les informations, les photos. Et sinon vous pouvez me joindre au 06 11 28 64 66.

Merci ! Quelques mots à dire sur le site Omyzen ?

Oui, moi je trouve ça très très intéressant, cette proposition de réunir sur un site, grands nombre de thérapeutes. On est souvent seul dans son coin. On a souvent pleins de questions législative, administratives, sur le statut, et puis on a aussi besoin de se ressourcer régulièrement. Je pense qu’on a intérêt à aller les uns vers les autres, de plus en plus et je trouve cette initiative très très intéressante !

Un dernier mot ?

J’ai juste envie de dire, ce n’est pas le chemin, le plus facile, même si de plus en plus de gens tentent l’aventure, mais pour ma part, je crois que depuis que j’ai lâché avec quelque chose qui ne me convenait pas tant que çà, j’ai l’impression d’être dans la créativité, on crée notre métier, notre profession et ça c’est vraiment un plaisir de tous les jours. Bien sûr il y a des difficultés, ce n’est pas tous les jours facile mais se réveiller le matin en se disant : voilà aujourd’hui je vais donner un cours de Qi Gong, la semaine prochaine on part au Maroc et tout ça on l’a créé et on le fait avec plaisir. Et si on le fait avec plaisir, ça va avoir, d’autant plus d’impact et je trouve que c’est vraiment une belle aventure, donc j’invite vraiment tout le monde à tenter l’aventure, en tout cas si on le sent au plus profond de soi.

Merci beaucoup Magali Poirier !

Merci à vous et longue vie à Omyzen !

Vous souhaitez en savoir plus sur le Qi Qong?

Wikipedia Qi Gong

Vous pouvez lire la première partie de l’interview de Magali Poirier ici.

Retrouver l’intégralité de cette interview en podcast ici

Dans la même thématique, vous pouvez également lire :

La médecine chinoise, un art millénaire au service des défits d’aujourdhui

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

x

Lisez aussi

IsabelleBouffard-Reiki-AccessBars-Bowen

Témoignage : Isabelle Bouffard infirmière et énergéticienne

Merci de vous présenter en 4 à 5 lignes Je m’appelle Isabelle ...