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Comment poser un cadre thérapeutique sérieux et sécurisant ?

L’efficacité des thérapies alternatives dépend énormément de la capacité du professionnel à Créer une alliance thérapeutique efficace. L’émergence de cette relation de confiance mutuelle ne peut se faire que dans un cadre thérapeutique précis. Quels sont les éléments qui constituent ce cadre ? Comment le mettre en œuvre et rester  un thérapeute chaleureux, empathique et authentique tout en maintenant une juste distance nécessaire avec ses patients ? Voici des clefs pour vous aider à installer le cadre thérapeutique propice au bon déroulement d’une thérapie.

Le cadre matériel

Le cadre spatial : l’aménagement de votre cabinet reflète votre professionnalisme

Le cadre thérapeutique, c’est premièrement l’espace dans lequel vous recevez. Les objets, la disposition des lieux doivent dégager un certain professionnalisme : plaque avec votre titre sur le mur extérieur, aménagement d’une salle d’attente, cabinet propre et rangé, vidé de tout objet personnel ou extérieur à votre discipline. L’aménagement de votre espace de travail révèle et oriente le rapport que vous voulez établir avec votre client : votre fauteuil et le sien sont-ils les mêmes ? Sont-ils à la même hauteur ? Est-ce qu’un bureau marque la frontière entre vous ou est-ce que vous êtes face au patient avec votre bureau sur le côté ? Pensez bien aux implications de tous ces détails en aménageant votre espace.

Le cadre contractuel : poser les règles du jeu dès le départ

Le cadre consiste tout d’abord en l’établissement de règles précises et concrètes par lesquelles vous établissez un rapport contractuel. Par exemple : 60€ contre 50 minutes de psychanalyse. Ces données objectives, doivent apparaitre sur vos supports de communication, et si besoin, être répétée au moment de la prise de rendez-vous ou au début de la première séance. Et surtout… tenez-vous-y ! Dans l’établissement de ce contrat, vous pouvez préciser vos compétences, vos limites  et vos  attentes (ponctualité, implication, régularité, nombre de séances…)

Pour le patient, l’habitude de venir au même endroit, à des moments réguliers, avec des règles fixes permet de ritualiser le rendez-vous, ce qui crée un sentiment de sécurité et de stabilité propice au travail sur soi.

Le cadre temporel : de l’importance de limiter la durée des séances

Pris dans ce qui est en train de se passer, le patient peut avoir envie que la séance dure plus longtemps, ou  plus rarement, de l’écourter. Pour vous faire respecter en tant que thérapeute et pour que la personne sache qu’elle s’exprime et reçoit un soin dans un cadre précis, il est important de rester vigilant à l’heure et de s’en tenir à la durée annoncée.

Attention, prévoyez que la première séance dure souvent plus longtemps parce qu’il faut faire totalement connaissance avec la personne. Prévoyez une durée plus longue. Certains thérapeutes intègre même cette spécificité à leur contrat : 50€ la séance (1h), 60€ pour la première séance (1h30).

Cela peut arriver de déborder parce qu’il se passe des choses importantes pendant la séance, qu’il serait dommage de couper. Mais si vous débordez à chaque fois cela devient problématique. Est-ce que votre temps de séance est trop court ? Dans ce cas allongez le et que cela devienne le nouveau cadre. Si vous énoncez que la séance dure une heure et que vous passez toujours une heure et demie, mieux vaut annoncer une heure et demi dès le début. Sinon est-ce parce que vous avez du mal à canaliser le flot de paroles de la personne et que cela empiète sur votre temps de travail ? Ou est-ce que vous avez besoin de donner toujours plus pour vous dire que votre travail a de la valeur ? Est-ce que vous avez du mal à mettre les limites, à dire stop de manière générale ? Autant de sources d’introspection…

Le cadre monétaire : la valeur que vous et votre patient donnez à votre travail

Fixez votre tarif et tenez-vous y aussi. C’est-à-dire que la séance doit être réglée, en intégralité, le jour même. Vous éviterez les déconvenues, d’une personne qui dit qu’elle vous paiera à la prochaine séance et que vous ne revoyez jamais.

En cas d’absentéisme répété vous pouvez mettre un panneau indiquant « Toute séance non décommandée 24h à l’avance est due. » De même vous pouvez afficher les modalités de paiement, préciser par exemple si vous refusez les chèques, ou acceptez les cartes bleues.

Pensez aussi à évoquer la question du remboursement, si votre thérapie entre dans la catégorie des soins remboursés par certaines mutuelles.

Il y aura toujours des personnes pour essayer de négocier le tarif. Là, évaluez la situation au cas par cas : est-ce que la personne est en réelle difficulté financière et fait des efforts pour suivre sa thérapie ? Ou est-ce qu’elle accepte de donner 80€ par mois à sa coiffeuse mais considère que pour votre soin en réflexologie plantaire, 30€ par séance suffit amplement ? Dans ce que vous fixerez comme tarif, l’essentiel est que vous vous y retrouviez financièrement et moralement. Rappelons que dans l’inconscient collectif plus quelque chose est cher plus il a de la valeur et de l’efficacité. Le prix que le patient est prêt à mettre peut influencer son implication dans la thérapie.

Sur ce sujet, consultez Les thérapeutes et l’argent: un rapport parfois complexe ou 5 bonnes raisons de faire payer ses séances

Le cadre vestimentaire : l’habit ne fait pas le moine, mais il y contribue !

De nombreuses expériences de psychologie montrent l’importance de l’apparence vestimentaire dans la crédibilité d’une personne. Et plus votre personne croit en vous, plus la thérapie a des chances d’être efficace ! La célèbre expérience de Milgram, en psychologie sociale, démontre entre autre l’importance de l’apparence extérieure. En l’occurrence, le fait que le sujet porte une blouse blanche fait que les  personnes testées perçoivent son autorité comme légitime et cela influence leurs réactions. Une personne installée depuis 40 ans et qui a acquis une solide expérience et une excellente réputation pourra se permettre d’être négligée, mais quand vous êtes encore au stade de « faire vos preuves »,  veillez à soigner votre apparence afin de véhiculer une image de sérieux.

Le cadre relationnel : bien définir le rôle de chacun

Qu’est-ce que vous pouvez apporter ?

Lors de la première séance, établissez clairement ce que vous pouvez amener à la personne, en décrivant votre méthode, vos outils, voir votre parcours, mais aussi les limites de votre pratique. « Je ne suis pas médecin, je ne suis pas magicienne. » En renforcement, afficher ses diplômes, avoir dans son cabinet une bibliothèque et des objets afférant à sa discipline permet d’assoir le contexte disciplinaire de la thérapie.

Quelles sont vos exigences vis-à-vis de votre patient ?

Énoncez aussi ce que vous attendez de la personne : quelle implication lui demandez-vous ? Est-ce que vous refuserez de poursuivre le travail si elle n’est pas prête à adopter des changements de comportements alimentaires ou à venir régulièrement pendant une période donnée par exemple ? Est-ce que vous attendez qu’elle soit vraiment décidée à entreprendre un changement, à être actrice de sa transformation ?

Vous pouvez également être amené à exiger de l’honnêteté sur sa situation. Si elle vous cache une pathologie ou un traitement médicamenteux en cours, cela peut s’avérer dangereux, pour un soin en médecine chinoise par exemple.

C’est important que la base soit clairement définie pour partir sur une relation thérapeutique saine.

Établir la juste distance…

Avec les mots :

Le vouvoiement permet de marquer que vous êtes dans une situation patient/professionnel. Freud préconisait le vouvoiement systématique et considérait le « tu » comme un acte manqué. Le tutoiement peut néanmoins participer à la fidélisation de sa clientèle ou aider la personne à se sentir à l’aise et ainsi à pouvoir exprimer ses émotions et son vécut avec plus de facilité. Ce choix est donc dépendant des types de personnes et des relations instaurées, mais si vous avez besoin d’établir un cadre professionnel strict, optez pour le vouvoiement.

Avec les gestes :

Pour accueillir la personne, serrez la main plutôt que faire la bise. Si une main sur l’épaule peut apporter un cadre réconfortant quand la personne « craque » et pleure en cours de séance, évitez d’avoir trop de contacts physiques en dehors de ceux que vous demande votre pratique.

Le cadre légal et déontologique

Les codes de déontologies spécifiques à chaque disciplines offrent des bons repères pour (se) fixer des repères. Certaines professions sont soumises à un code de déontologie précis. Ils définissent les engagements que le thérapeute prend envers ses patients et ses pairs, ce qui permet de fixer une base commune de bonne pratique.

Vous pouvez mettre ce code à disposition de votre clientèle, en le lassant dans la salle d’attente par exemple.

Les points qui sont généralement mentionnés sont :

  • Le respect des obligations légales et de la législation en vigueur
  • Le respect de la personne : son intégrité physique et psychique, sa dignité
  • La confidentialité : le thérapeute est tenu au secret. Assurez la personne que ce qui se passe dans le cabinet ne sortira pas de murs et tenez-vous y ! Ecueil à éviter : parler à ses clients d’autres clients. Sauf si vraiment cela sert une proposition thérapeutique, en évoquant par exemple, une technique que vous avez appliquée à un autre patient et pour qui ça a très bien marché.
  • La compétence : être formé et continuer de se former régulièrement
  • Le respect de la médecine conventionnelle : le thérapeute ne se substitue pas au personnel médical, il sait déléguer quand la problématique de la personne ne relève plus de sa compétence, il ne conseille pas l’arrêt d’un traitement
  • Le respect de ses pairs : entretenir des relations d’entraide, de respect et de valorisation mutuelles avec ses confères
  • L’impartialité : ne pas faire de propagande ou prosélytisme religieux ou idéologique au sein de son cabinet

Pour en savoir plus, je vous invite à consulter les codes de déontologie propres à chaque discipline, que ce soit la vôtre ou pas, ça vous permettra de voir où vous vous situez.

Voilà, vous avez déjà une bonne base pour créer un cadre thérapeutique sérieux et sécurisant.

Et vous, comment faites-vous pour instaurer et maintenir ce cadre ? Quelles difficultés rencontrez-vous pour le fixer ou le faire respecter ? Partagez votre conception et vos expériences avec la communauté, c’est l’occasion d’un enrichissement mutuel !

A lire également : 

Comment s’habiller quand on est thérapeute alternatif

Quand le patient dépasse le cadre

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