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Les thérapeutes et l’argent: un rapport parfois complexe ou 5 bonnes raisons de faire payer ses séances

Vous avez sans doute déjà eu une conversation de ce type au moins 1 fois : « Tu utilises quoi comme mot toi ? Patient ou Client ? ». Avec des réponses parfois presque offusquées : « Ah non. Client moi je ne pourrais jamais ! » 

Cette question qui pourrait sembler anecdotique et purement formelle nous parle souvent d’une chose bien plus profonde : notre rapport à l’argent.

Nous faisons un métier qui entretient effectivement un rapport paradoxal à l’argent : nous gagnons notre vie en nous faisant rémunérer par des personnes qui sont dans la détresse physique et/ou psychique et/ou financière. D’une certaine manière, plus les gens souffrent et mieux nous gagnons notre vie.

Cela peut heurter inconsciemment (ou non) des valeurs ou une éducation qui nous invite à « ne pas profiter de la misère d’autrui » et à faire preuve d’altruisme.

Dans ces conditions, il est facile de comprendre que certains soient mal alaise avec cette question pourtant essentielle dans la bonne gestion de notre activité.

Remarque : savez-vous que certains économistes américains attribuent à ce paradoxe le déficit chronique des systèmes de santé ? Ils remarquent qu’un système de santé ne peut être économiquement viable si les intérêts des patients-clients et ceux du thérapeute sont économiquement contradictoires. Ce conflit d’intérêt explique selon ces économistes en partie l’explosion des dépenses de santé. La solution pourrait bien s’inspirer de la médecine traditionnelle chinoise comme évoquée ci-dessous …

Sortir du paradoxe : la solution élégante de la médecine chinoise traditionnelle

Saviez-vous que les médecins chinois ont traditionnellement réglé ce problème en ne faisant payer les patients que lorsqu’ils allaient bien ? Quand le patient tombait malade il cessait les paiements. Une manière finalement très cohérente de régler ce paradoxe. Le client qui paye devient un patient dont la souffrance est prise en charge gratuitement.

Cette solution n’est pas compatible avec l’approche de la médecine allopathique qui ne gère pas la santé du patient dans sa globalité.

Mais pourquoi ne pas la proposer en tant que thérapeute alternatif ?

Un médecin chinois pourrait par exemple très bien proposer un forfait mensuel incluant des séances de puncture et de la pharmacopée aux changements de saison ou pour aider le patient à traverser certains événements difficiles. Si le patient tombe malade, sa prise en charge est gratuite et le versement s’arrête.

Si vous avez déjà tenté une expérience dans cet esprit, n’hésitez pas à la partager avec la communauté.

Pourquoi faire payer ses séances ?

Pour gagner ma vie bien sûr ! Au-delà de cette réponse très pragmatique voici 5 bonnes raisons pour faire payer ses patients:

1) L’engagement du client

Un patient qui paye souhaite « en avoir pour son argent ». Il est donc naturellement plus engagé dans le processus. Comme vous le savez, l’engagement dans la relation thérapeutique est un facteur clé de succès de la thérapie. Pour l’anecdote, en utilisant une approche paradoxale le psychiatre hypnothérapeute de génie Milton Erickson a mis fin à un comportement problématique d’un patient « prêt de ses sous » en exigeant qu’il verse une somme d’argent à chaque fois que le comportement recommençait.

2) Votre crédibilité

Certains le regrettent mais nous vivons dans une société dans laquelle les patients ont pris l’habitude de corréler la qualité d’une prestation à son prix. Inconsciemment pour eux un service gratuit ou peu cher n’est pas de bonne qualité et dévalorise le thérapeute.

Le saviez-vous ? Vous pouvez d’ailleurs participer au sondage Omyzen sur le tarif des thérapeutes pour évaluer le positionnement de votre tarif. Vous recevrez les résultats par email.

3) Favoriser l’autonomie 

Un psychanalyste m’a confié une fois que le secret de la thérapie est qu’elle se termine lorsque le patient comprend enfin qu’il est seul face à sa souffrance et qu’il doit apprendre à faire « avec » plutôt que de se débattre avec ses regrets ou des reproches. Faire payer vos séances favorise cette indépendance car le patient sait qu’il ne pourra pas venir vous voir indéfiniment …

Note: cette perspective est très proche de celle de la thérapie ACT (Thérapie d’Acceptation & d’Engagement) basée sur le Pleine Conscience. Vous pouvez lire une introduction sur cette thérapie dans notre article: ACT – la Pleine Conscience au service de l’efficacité thérapeutique et tester vos capacités d’attention et de Pleine Conscience grâce à notre test en ligne

4) Eviter le sentiment de dette envers son thérapeute

Offrir gratuitement vos services peut sérieusement perturber certains de vos patients en leur donnant l’impression qu’ils vous sont redevables et fausser la mécanique essentielle du transfert en établissant une relation dissymétrique.

5) Fixer un cadre clair à la thérapie 

Vous n’êtes pas un « théra-pote » qui rend service à un copain en lui faisant une séance à l’œil ! Vous êtes un professionnel qui apporte sa compétence le temps d’une séance payante au patient pour le soulager de sa souffrance. Une fois la séance écoulée, il ne vous doit plus rien.

Pourquoi ne pas les faire payer autrement qu’avec de l’argent ?

Beaucoup de thérapeutes se posent cette question et proposent à des patients en difficulté de régler « différemment » leur séance.

Je ne pense pas que c’est une bonne idée. L’avantage de l’argent est qu’il est « neutre ».  Toute autre forme de règlement pourra être parfois inconsciemment utilisée par le patient pour sortir du cadre thérapeutique.

Un Gestalt-thérapeute m’a raconté qu’à ses débuts il a proposé à un de ses patients artiste en grande difficulté financière de le payer avec l’une de ses œuvres. La séance suivante le patient est arrivé avec une grande enveloppe craft : « Tenez, voilà des photos pour vous ». Le thérapeute le remercie, ouvre l’enveloppe et découvre 2 magnifiques portraits de son patient entièrement nu !

Un patient confronté à une souffrance réelle trouvera l’argent pour vous régler*. Si il ne le fait, ce n’est pas bon signe pour la suite du processus.

N’hésitez pas à proposer des facilités de paiement, en plusieurs fois par exemple.

*Note: certains cas très spécifiques peuvent bien sûr sortir du cadre de cet article. Je pense à certains engagements associatifs auprès de personnes dans le grand dénuement par exemple. Nous ne proposons que des pistes de réflexion. La décision finale vous appartient 😊

Le « problème » de l’argent comme révélateur : une invitation à travailler sur Soi 

Et si votre malaise à appeler vos patients « clients » ou à les faire payer était révélateur d’une difficulté dans votre positionnement personnel ?

Qu’est ce qui génère ce malaise chez vous ? Un manque de confiance dans vos compétences ? Le sentiment d’un manque de légitimité ? Certaines croyances héritées de votre éducation ou de votre expérience ?

Rassurez-vous: c’est une difficulté très fréquente chez les thérapeutes alternatifs surtout au début de leur activité.

Pourquoi ne pas consulter un collègue thérapeute pour vous aider à travailler sur ce sujet ?

Il serait dommage que ces problèmes non réglés viennent entraver le développement de votre activité ou le plaisir que vous prenez à exercer !

Résumé

Sa neutralité et l’habitude qu’on les patients d’estimer la valeur d’un service à son prix  font de l’argent un support parfaitement adapté pour les thérapies alternatives.

Un malaise au sujet de l’argent est souvent rencontré par les jeunes thérapeutes qui manquent de confiance dans leurs compétences.

Si c’est votre cas pourquoi ne pas en parler avec un professionnel pour travailler sur ces croyances limitantes ?

Vous pouvez aussi partager votre expérience en commentaires de cet article pour en faire profiter toute la communauté Omyzen.

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